Dominic Picard ravi de voir son ancien coéquipier Zac Taylor au Super Bowl | Article du journal Le Soleil

Publié le 08 février 2022

Dominic Picard ne regardera pas le Super Bowl LVI de la même manière qu’à l’habitude, dimanche. Après tout, ça n’arrive pas souvent que votre ancien coéquipier dirige l’une des deux équipes en présence. En 2007, l’homme de football de Québec a partagé de bons moments avec l’entraîneur-chef des Bengals de Cincinnati Zac Taylor alors que les deux s’alignaient avec les Blue Bombers de Winnipeg.

Retour en arrière. À l’époque, Picard était un centre de deuxième année dans la Ligue canadienne de football (LCF) tandis que Taylor s’était joint à l’équipe en milieu de campagne en qualité de quart-arrière recrue.

«On était vraiment paqueté à la position de quart avec Kevin Glenn, Ryan Dinwiddie, Kliff Kingsbury et Zac, qui était le quatrième. Nous étions allés à la Coupe Grey, mais on avait perdu [23-19] contre Saskatchewan. Parmi eux, il y en a deux qui sont devenus des entraîneurs-chefs dans la NFL et un autre qui est à la barre des Argonauts de Toronto», note Picard.

Il est lui aussi membre de cette confrérie puisqu’il pilote les Élans de Garneau, en première division du football collégial québécois.

«Comme joueur de centre, j’étais très proche de ces gars-là. Ça m’arrivait de leur payer le lunch et on passait des heures à parler de football. À la blague, ils disaient : “Coach Dom veut savoir”, je leur posais des questions sur le système de jeu, le cheminement, etc.», raconte l’ancien joueur du Rouge et Or ayant évolué pour quatre équipes pendant sa carrière de 11 saisons dans la LCF.

Mais la présence des Bengals au Super Bowl l’a fait se plonger dans ses souvenirs.

«Il s’agissait de ma deuxième saison et je n’avais pas joué beaucoup à ma première année. Zac était arrivé à la mi-saison et il n’était pas toujours habillé pour les matchs jusqu’à ce que Kevin Glenn ne se blesse. Je dois admettre qu’à l’époque, je n’aurais pas parié ma chemise qu’il serait entraîneur-chef dans la NFL», soulignait-il en tout respect.

En fait, Taylor n’est pas le seul ex-coéquipier de Picard à occuper un tel poste. Kingsbury, qui était le troisième quart des Bombers en 2007, dirige aujourd’hui les Cards de l’Arizona, tandis que Dinwiddie, qui avait pris la relève de Glenn en finale de l’association de l’Est, mène les destinées des Argos.

«Ils sont tous beaucoup de vécu dans le football. Kliff [Kingsbury] a coaché Johnny Manziel à Texas A&M l’année où il a gagné le trophée Heisman. Je suis resté très proche de Ryan Dinwiddie, c’est un ami, pas seulement une connaissance. Le football est une grande famille, il est important d’entretenir de bonnes relations avec son réseau de contacts pour échanger, apprendre et progresser», dit-il sans chercher à attirer la lumière sur lui.

Lorsqu’il parle de Taylor et Kingsbury, qui ont atteint la NFL, il revoit des types à la personnalité très humble.

«Ils sont plus difficiles à rejoindre, aujourd’hui, et je ne les dérangerais pas, car ça doit être fou le nombre de messages et des demandes pour avoir un emploi qu’ils doivent recevoir. Si j’avais l’occasion d’être un entraîneur invité à un camp de leur camp d’entraînement, j’aimerais ça, mais je ne suis pas à la recherche d’un travail. Je suis heureux avec les Élans, j’ai un bon patron et ma mission est d’aider les jeunes à bien se développer et amener le football à un autre niveau dans la région avec des idées novatrices», notait Picard.

Picard a le même âge que Taylor (39 et 38 ans). Il a suivi son parcours après le bref passage de ce dernier à Winnipeg. L’entraîneur-chef des Bengals a notamment a été un assistant gradué à l’Université Texas A&M sous les ordres de Mike Sherman, l’ex-coach des Packers et des Alouettes qui est aussi le beau-père de Taylor.

«Je n’ai pas toujours le temps de regarder le football de la NFL pendant notre saison à l’automne, mais je porte une attention particulière quand je le vois coacher, tout comme Kingsbury. Zac était jeune à Winnipeg et il s’est trouvé une belle porte de sortie dans le coaching. Il a aussi travaillé avec Sean McVay avec les Rams en 2017 et 2018.»

Un bon calibre

Dominic Picard avec les Blue Bombers de WinnipegDominic Picard avec les Blue Bombers de Winnipeg PHOTOTHÈQUE LE SOLEIL

Après une brillante carrière avec le Rouge et Or de l’Université Laval, Picard a joué 11 saisons dans la LCF avec Winnipeg, Toronto, Saskatchewan et Montréal. Choix de troisième ronde en 2006, il a remporté la Coupe Grey en 2013 avec les Roughriders de la Saskatchewan et fait partie de l’équipe d’étoiles en 2011.

Il a surtout rencontré de très bons joueurs de football et des entraîneurs aguerris.

«La LCF est sous-estimée. Financièrement, c’est plus difficile, les moyens sont plus limités et les salaires plus petits que dans la NFL, mais le calibre est incroyable. Il y a plusieurs anciens choix de première ronde de la NFL qui viennent jouer au Canada parce que ça n’a pas marché aux États-Unis, d’autres qui sont ici dans l’espoir de retourner dans la NFL. Et pour plusieurs entraîneurs, la LCF sert de tremplin à leur carrière.»

Il espère que la présence de Danny Maciocia au poste de directeur général des Alouettes permettra aux Alouettes de retrouver la visibilité qu’ils méritent.

«Dans l’Ouest canadien, la LCF, c’est très gros. C’est comme le Canadien, à Montréal. En Saskatchewan, par exemple, c’est quelque chose!»

Pour l’heure, Picard se réjouit de voir son ex-coéquipier Zac Taylor participer au Super Bowl.

Qui favorise-t-il, Cincinnati ou Los Angeles?

On comprendra que son cœur bat pour les Bengals et son ancien coéquipier Zac Taylor, mais pour connaître sa prédication, rendez-vous samedi, Le Soleil vous en fera part! D’ici là, suspense…


Source : Le Soleil